MADELEINE FIÉ-FIEUX

Madeleine Fie-Fieux (Emile Simon)  

MADELEINE FIÉ-FIEUX s'est éteinte le 27 août 1995 au manoir de Squividan en Clohars Fouesnant près de Bénodet (Finistère]. Pourquoi évoquer ici la mémoire de cette généreuse personne que peu de Varennois actuels ont connu mais qui par ses qualités d'artiste a marqué l'histoire de la peinture réaliste bretonne ou locale ?

Rappelons qui elle était et pourquoi nous rendons hommage à son souvenir dans ces quelques lignes.

Madeleine FIÉ naît le 23 septembre 1897 à Varennes-en-Gâtinais dans un milieu aisé. Ses grands-parents maternels, des commerçants, Joséphine & Denis Desforges, y possédaient une maison familiale où sa mère avait vu le jour ainsi que son oncle Gaston qui devait sur le tard revenir au pays soigner ses concitoyens. Son père Emile Edouard Fié, était, de son côté, originaire d'Ousson près de Briare. Il était dentiste à Paris, rue de Passy ; sa femme ne travaillait pas encore à ce moment. La jeune Madeleine allait vivre une enfance heureuse entre les trois maisons familiales dont celle de Varennes, rue de Nogent.

Vers l'âge de 6 ans, elle entre au lycée Molière où elle reste jusqu'à l'âge de 16 ans, sa mère ayant pris depuis peu la gérance de la pharmacie de son oncle. Elle reçut l'éducation complète en usage dans les familles bourgeoises (études classiques, chant, piano, diction, leçons de maintien et des cours de dessin). Ayant une prédilection pour le dessin sa mère lui fait donner des cours presque particuliers à la mairie de Passy ce qui déterminera sa vie.

C'est à Varennes, au cours des vacances, qu'elle fera son premier portrait connu, celui du "Père Goix", cafetier, tonnelier et tambour du village, personnage épique pour ceux qui l'ont connu. Celui-ci affichera le portrait et décidera bien involontairement de la carrière future de Madeleine. Mlle de Bellecour, châtelaine de Langesse ayant vu le portrait, demandera à la rencontrer, la complimentera et lui donnera une lettre de recommandation pour l'Académie Julian (rue de Berri) où elle restera une dizaine d'années et y perfectionnera son art auprès des plus grands maîtres de l'époque.

C'est à cette époque (vers 1930) qu'elle fait la connaissance de Philippe Fieux avec qui elle se mariera quelques années plus tard. Celui-ci devra reprendre ses études interrompues de dentiste et les réussir pour pouvoir épouser Madeleine ; ils s'établiront à Nantes. Elle reprendra des cours e dessin et y rencontrera Emile Simon alors professeur, de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts et qui lui donnera des cours particuliers. Celui-ci allait devenir son mentor pour longtemps. Après un éloignement de deux années, elle allait revoir Emile Simon et ne plus le perdre de vue. Elle s'installera avec son mari, après le premier bombardement de Nantes, dans le manoir de Squividan près de Bénodet où avec Emile Simon elle s'adonnera à l'art dans un atelier situé au 2éme étage orienté au nord. Là, elle y accomplira ses œuvres, essentiellement des portraits de bretons émouvants et de proches, des natures mortes et des toiles de sujets religieux.

Emile Simon, ancien prix du concours de Rome en 1912, sera atteint d'une attaque d'hémiplégie droite en 1970 et décédera au manoir de Squividan le 25 septembre 1976 à l'âge de 86 ans révolus, laissant à ses amis Fié-Fieux son immense collection.

Madeleine Fié-Fieux sur la fin de sa vie, après un cambriolage, fera don de ses collections et de celles d'Emile Simon en 1990 au département du Finistère avec comme condition que le manoir de Squividan soit transformé en musée accessible au public, sa fortune allant à l'Association des Apprentis Orphelins d'Auteuil. Quelques années après, le département du Finistère, en plus de la propriété du manoir et des collections de tableaux, se verra attribuer un legs complémentaire de 10 millions de francs pour rénover le manoir. Le Conseil Général du Finistère doit, maintenant que Mme Fié-Fieux est décédée, se prononcer sur l'acceptation ou le refus de ce legs considérable et des conditions qui y sont liées.

Auparavant, une partie de ses tableaux, ceux liés au Loiret essentiellement, auront été légués en novembre 1985 à la commune de Varennes-Changy avec une condition d'exposition publique. Vous pouvez admirer quelques-unes de ses toiles ou de celles d’Emile Simon en permanence à la mairie.

Photographies de toiles de Madeleine Fié-Fieux et Emile Simon.

Le manoir du Squividan  en Cornouaille par Anne Brignaudy.

Le coin des artistes-peintres (Emile Simon).

Un site ami d'Yves Floc'h Peintre de Bretagne.

"Extrait de L'Echo des Loges . Bulletin Municipal de Varennes-Changy   Année 1995 et du catalogue 2 peintres témoins de la Bretagne textes et propos recueillis par le Dr Francois LE CORRE  Photographies du Dr Bernard GARCON Copyright 1987 .

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Patrick PINON 23/12/2015